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Marcus Miller bassiste jazz basse interview en français

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Interview Jazz : Pour la basse de Marcus

Rencontre au sommet et en vidéo avec le bassiste new-yorkais Marcus Miller, légende vivante du jazz

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Une fois par année, il y a la Journée Internationale du Jazz. Et tous les autres jours, il y a Marcus Miller et sa basse dans nos enceintes. Pas besoin de date spécifique pour faire résonner les cordes de son instrument dans nos oreilles et ses cordes vocales au micro de la JJSphere. Interview pour la sortie de l’album Laid Black.

N’en déplaise à d’autres artistes, tout à fait sympathiques au demeurant, que nous avons pu croiser, nous sommes des inconditionnelles de basse. Majestueuse et profonde cousine de la guitare (c’est un peu le duo contrasté Vanessa Paradis – Jeanne Moreau) elle est discrète et humble tout en soutenant la ligne mélodique d’une rythmique bondissante. Les montées de dou-dou-doum-dou-dou-dou-doum-doum – vous aussi vous l’avez dans la tête maintenant, on le sait – à fond dans les amplis, c’est ce qui remue les entrailles. C’est aussi ce qui fait bouger, d’un air entendu, les têtes (souvent affublées d’un couvre-chef) des spécialistes de jazz. Des spécialistes coiffés qui écoutent, concentrés, les artistes qui pratiquent cette musique si complexe et fascinante. Des virtuoses comme le maître incontesté de la basse Marcus Miller.

Leurs têtes remuent. Les nôtres aussi. Et il n’y pas que cette partie du corps qui dodeline. Il y a plusieurs sortes de jazz. Chacun le sien, aucun pour certains, notre coeur penche pour celui qui a le rythme dans la peau et la basse sur le devant de la scène. Qu’elle soit contre ou électrique, elle a toutes nos faveurs. Nous sommes donc parties l’esprit en joie rencontrer le roi incontesté du slap. Quand le jazz a une silhouette funk et que le funk sent bon le sous-sol du Village Vanguard new-yorkais, le grand Marcus Miller n’est pas loin. Il est au micro des JJ.

L’interview vidéo de Marcus Miller, en français s’il vous plaît !

Le jazz de basse de Marcus Miller et la voix de Selah Sue

Le sourire engageant, le cuir du blouson qui crisse, le chapeau porkpie vissé sur la tête, c’est le mec le plus cool de la Terre. Et qui trouve que tous les gens qu’il croise, les musiciens avec lesquels il travaille, sont sooo cool aussi. Artiste profondément généreux, il va propulser à coup de cordes pincées et de beats groovy les talents qu’il accompagne, qui l’accompagnent.

Totalement indissociable de sa basse, sa muse, sa comparse aux rondeurs féminines, il vit dans l’admiration de ses mentors et de ses partenaires de jeu. De Miles Davis à France Gall, en passant par Aretha Franklin, Nougaro, Eric Clapton ou Elton John. Et puis il y a son père, pianiste disparu l’année de la sortie de Laid Black, à qui il rend hommage et qui a donné une aura particulière à sa tournée. Tournée qu’il a lancée à travers le monde, accompagné sur scène de la chanteuse Selah Sue, une voix Soul sous une crinière blonde. Invitée à chanter un morceau, adaptation libre et rythmée de la chanson Que sera sera, sur l’album Laid Black du bassiste, elle a aussi suivi ce dernier sur la route. Le plaisir du duo est sans conteste communicatif.

Pour ceux qui préfèrent lire : l’interview de Marcus Miller

Bonjour Marcus Miller ! Est-ce que nous oserions vous demander de vous présenter à votre manière ?

Marcus Miller : Je suis Marcus Miller. Je suis bassiste. Je viens de New-York. Mon père était musicien aussi. Il était pianiste, comme son père avant lui. À l’âge de 10 ans, j’ai commencé la clarinette et le saxophone. La clarinette et le saxophone sont des instruments similaires. Mais surtout, j’ai entendu, à 10 ans, Michael Jackson et ses frères, The Jackson Five. J’en était fou. Michael Jackson avait le même âge que moi, j’étais fasciné. Et c’est à ce moment que j’ai décidé que je voulais être musicien.
En revanche, la clarinette n’était pas un instrument pour jouer de la Soul. Ça ne marche pas. Quand un pote à moi a reçu une basse électrique pour Noël, que je l’ai essayée, j’ai su que la basse serait ma vie. La basse fait partie de moi depuis.

Marcus Miller bassiste jazz basse interview en français

Parlez-nous un peu de votre rencontre avec la légende du jazz Miles Davis.

Marcus Miller : J’ai commencé à jouer avec Miles Davis à 21 ans. Ma première visite à Paris, en France, en Belgique, était avec Miles. C’était super d’avoir cette occasion de visiter ces endroits. En plus, avec Miles, qui était très très connu ! Donc, tous les gens, à Paris ou à Montreux, dans tous les lieux légendaires pour la musique, m’acceptaient comme musicien. M’adoubaient grâce à Miles Davis.

Et maintenant, j’ai des musiciens très jeunes dans mon groupe. Ils ont 21 ans, 25 ou 27 ans. Je pense que la situation est un peu similaire. Même si je ne suis pas Miles Davis. Il était une légende ! Mais, une petite version de la même situation (rires).

Marcus Miller bassiste jazz basse interview en français

Qu’est-ce que ça signifie, Laid Black ?

Marcus Miller : Le mot « laid » en anglais, ce sont les fondations, le sol. Ma musique est composée de soul, de funk, de jazz, de reggae, de musique africaine. Tous les styles noirs. Donc le sol, la fondation de ma musique, c’est la musique noire.

Racontez-nous votre tournée Laid Black 18/19.

Marcus Miller : Mon invitée spéciale est Selah Sue. C’est une Belge qui chante de la Soul, ce qui est assez fou pour moi. Une Belge qui chante comme ça ! C’est bizarre, mais c’est très cool ! Je pense qu’elle est très douée, c’est quelque chose d’exceptionnel. Elle a chanté dans l’album « Laid Black » dont elle était une invité aussi, avec le morceau « Que Sera Sera ».

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment dans votre voiture ?

Marcus Miller : Dans ma voiture (rires) ? J’écoute tous les styles. J’adore la musique de Miles Davis, mais pas celle que j’ai faite avec lui. Celle des années 50. Aussi, du rap, de la soul des 70’s. J’adore la musique africaine. Pour mon album précédent, « Afrodeezia ». j’ai fait un mélange entre les styles africains et américains.

Et quel est votre rapport au cinéma ? Vous avez déjà signé de nombreuses BO…

Marcus Miller : J’adore la musique de John Williams. Il a écrit la musique de Superman, la série TV, dans les années 60 et puis il a composé Star Wars. Et la musique fait partie intégrante du film, ce n’est pas juste un accompagnement. La musique est un personnage à part entière. Le film se résume à sa musique et à ses images. J’adore les films comme ça, quand la bande originale est si importante.

Marcus Miller interview en français jazz JJSphere

Une certitude, cet homme-là ne peut pas avoir l’âge qu’indique sa carte d’identité. À 21 ans il était sur scène avec Miles Davis et n’a pas pris une ride depuis. Il aurait même tendance à rajeunir. Les black jeans savamment troués et l’éclat de malice dans les yeux y sont peut-être pour quelque chose… ou le funk dans la peau, mieux qu’une cure de Jouvence. Un petit JJQuiz pour la route ?

Photo de Une : ©ThierryDubuc

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