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une belle course film de Christian Carion avec Line Renaud et Dany Boon interview réalisateur

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Le réalisateur Christian Carion commande un taxi à Line Renaud

Tendre et humain, comme un hommage à la lumineuse Line Renaud, le nouveau film de Christian Carion offre Une belle course à Dany Boon. Interview.

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D’est en ouest, Line Renaud reprend à l’envers le fil de sa vie à l’arrière du taxi parisien d’un Dany Boon bougon et râleur dans le dernier film de Christian Carion. Le coucher de soleil comme ligne de mire, le réalisateur invite chacun à s’interroger sur ce qu’est la vie, Une belle course, pourquoi pas dans Paris. Interview.

Le nouveau film du réalisateur Christian Carion, Une belle course, tente de renouer avec notre sens de l’humanité. Tout simplement en suivant, à rebours, les événements de la vie de son personnage, Madeleine, en route vers l’EHPAD, conduite par un chauffeur de taxi désabusé interprété par Dany Boon. Entrecoupée de flashbacks menés par la belle Alice Isaaz, cette belle course sillonne Paris et les souvenirs de la vieille dame à la vie faite de hauts et de bas. Elle, c’est Line Renaud, tant elle-même qu’on en oublierait presque que c’est un film, que c’est Madeleine, que ce n’est pas sa vie. Une histoire qui semblerait banale, un scénario sans surprise, qui aborde des thèmes comme la transmission ou les violences conjugales, mais sans doute la réponse à un besoin : se rappeler de ce qui compte, avec optimisme et sourire. Christian Carion nous en parle en interview.

Itinéraire d’une vie, comme "Une belle course"

« La vie a vraiment beaucoup d’imagination »

Une belle course, ça peut mal partir. Comme la vie. Est-ce qu’un film qui démarre par « Eh ! Connard ! » peut se terminer tendrement ? C’est le défi que Christian Carion a relevé avec un duo complice dans la vie qui le devient au fil des kilomètres, au fil d’une marche arrière dans le passé d’une passagère. Cette cliente, dans ce taxi, c’est la lumineuse, magnifique Line Renaud qui va, dès la première minute dans ce transport parisien, raconter sa vie, ses souvenirs, ses douleurs. Un taxi comme confessionnal, une traversée de Paris comme symbole du temps qui passe. Du levant au crépuscule, du premier baiser au goût délicieux à la dernière course vers l’EHPAD. Une belle course.

Line Renaud dans le film Une belle course taxi souvenirs transmission traversée de Paris

UNE BELLE COURSE

Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois.

Christian Carion raconte sa belle course en interview

Bonjour ! Première question rituelle : Pourriez-vous vous présenter à votre manière ? Vous avez carte blanche…

Christian Carion : Bonjour. Je m’appelle donc Christian Carion, je suis le réalisateur du film Une belle course et je suis venu ici parler de mon film.

Votre film, Christian Carion, se vend partout dans le monde, est-ce que vous pensez qu’il répond à un besoin universel et actuel de renouer avec ses racines ?

Christian Carion : Je pense que tous les cinéastes rêvent que leurs films soit vus. Je ne connais pas de cinéaste qui se lève un matin en se disant : « J’aimerais bien faire un film que personne n’irait voir… ». Ce n’est pas possible. Donc, vous faites des films pour les gens. Et quand je constate, effectivement, que ce film va faire le tour du monde, c’est magique. Là, je reviens de Toronto, j’ai discuté avec des gens du monde entier, notamment un journaliste japonais qui n’arrivait pas à poser ses questions à la sortie de la projection parce qu’il était en larmes. Ça veut dire quoi ? Que le film touche de manière universelle, apparemment. Ça n’arrive pas toujours et quand c’est le cas, c’est juste un plaisir énorme.

une belle course film de Christian Carion avec Line Renaud et Dany Boon interview réalisateur

Et c’est une conséquence à votre avis de notre nécessité de transmettre ? Transmettre ce qui fait de nous ce que nous sommes ?

Christian Carion : Je pense que le film touche, d’abord, parce qu’il y a Line Renaud, qui est juste sublime. C’est difficile d’avoir du recul sur mon propre film, mais moi, je l’ai trouvée magnifique. Et elle a une immense sincérité qui touche les gens, qui parle à tout le monde. Je crois que de manière universelle, et c’est ce que vous appelez « nos racines », on a tous besoin de renouer avec nos anciens, surtout en sortant de cette pandémie qui a mis beaucoup de distance entre les gens et notamment entre nous et les anciens que nous n’avions plus le droit d’aller voir parce qu’on les mettait en danger. Et il n’y a pas plus dangereux que la solitude. Il y a des gens qui sont morts de chagrin parce qu’ils ne voyaient plus personne. C’est pire que le COVID.

Là, le film parle du dialogue, de l’échange entre les générations, quelque part.

C’est ça, je pense, qui touche tout le monde parce que le rapport aux anciens est compliqué. Comment est-ce qu’on va faire quand ils vont rentrer dans le grand âge ? Comment on va gérer ? Ce sont aussi ces questions-là qui traversent le film. Vous avez raison, elle transmet, elle raconte une histoire. Et au travers de cette histoire, il y a un peu, entre autres choses, une leçon de vie à tirer. Une façon de voir la vie de manière optimiste que peu de gens, finalement, arrivent à adopter vraiment. Line Renaud est comme ça. C’est quelqu’un qui le matin se lève optimiste. Elle a 94 ans et elle verra toujours le verre à moitié plein. Je trouve ça magique. Il y a des matins où je ne me lève pas optimiste !

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Que vouliez-vous que Madeleine, votre personnage interprété par Line Renaud, transmette à Charles, alias Dany Boon ?

Christian Carion : Elle lui dit : « Vous savez ce que disait mon père ? Un sourire est un coup de jeune, une colère est un coup de vieux. » Cette phrase m’a beaucoup marqué parce qu’elle illustre une façon de voir la vie. Elle (Madeleine) le fait bouger. Au début du film, il (Charles) est très bougon, il est fermé, dans ses problèmes, très parisien. (Rires) Il n’est pas en mesure d’écouter l’autre. Et il arrive un moment, après l’avoir beaucoup écoutée, où il profite qu’elle se soit assoupie pour appeler sa femme. Je pense que ça ne lui arrivait pas, pendant son temps de travail, d’appeler sa femme pour lui dire : « Comment vas-tu ? » et accessoirement « Je t’aime ». Il retrouve de la disponibilité pour les autres. C’est pour moi le plus beau legs que Madeleine fait à Charles.

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