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SÉRIES Éducation sexuelle, je délègue

Réponse contemporaine à un sujet épineux, Netflix se charge d'amorcer l'éducation sexuelle de nos ados avec ses séries.

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Comment se passe la vie entre deux casiers métalliques de nos jours ? Des regards en coin, des rires de gorge, le défilé du champion de base-ball et de sa cheerleader ? Et bien détrompez-vous ! Rien ne nous préparait, nous, ex-ados de la génération Beverly Hills à élever des jeunes qui gèrent un priapisme dans des toilettes délabrées répugnantes. Vous suivez ? Nous avons sauté des étapes ?

La sexualité débridée de la jeunesse d’aujourd’hui (oui, nous avons 102 ans) inquiète et/ou interroge leurs parents. Exacerbée, par les réseaux sociaux et la disponibilité en deux clics de porno de tous genres à foison, la sexualité des ados mérite d’autant plus d’être éduquée.

 

Laisse ton ado regarder Sex Education

 

Désacraliser, dédramatiser et faire jouir l’autodérision. Les ados en manquent, prenant chaque situation avec un sérieux frisant le ridicule parfois. Il y aurait ainsi de bonnes ondes et des réflexes salvateurs devant une série comme Sex Education dont la saison 2 sort le 17 janvier 2020 sur Netflix.

 

La première saison de la série à succès présente Otis. Jeune lycéen, plutôt discret et impopulaire, fils unique de parents thérapeutes divorcés. Il vit avec sa mère, dans une jolie maison parsemée d’objets et d’imageries tantriques et sexuelles. Sa mère n’est pas une psy comme les autres, elle s’occupe de la sexualité de ses patients, de manière plutôt directe et libérée.
Par un concours de circonstances plutôt cocasse, Otis va se trouver en position de faire profiter de ses connaissances en matière de sexe les élèves de son lycée. Il devient leur thérapeute. S’en suivent une série de situations illustrant les différentes problématiques qui secouent la jeunesse d’aujourd’hui, traitées avec rythme et intelligence. Et si c’était juste pour épater une fille ?

 

Alors attention chers amis parents. Il ne s’agit évidemment pas de regarder les épisodes en compagnie de votre ado ! Vade retro géniteurs sataniques ! Trauma et psychanalyse en approche ! Non. Chacun de son côté.
Néanmoins, c’est salvateur de projeter la potentialité (qui n’en est pas qu’une, c’est aussi une réalité, si douloureuse soit-elle) que notre bébé ait une sexualité et, de son côté, de provoquer cette confrontation servie avec humour d’une forme de vérité sur des relations non romancées par le cinéma où tout est fluide et romantique. Où tout est faussé par la présence trop tôt, trop crue, trop omniprésente, des images pornographiques et de ce qu’elles délivrent comme message péjoratif sur le corps et l’obligation de performance.

L’apprentissage de la sexualité par l’humour

 

Le genre, l’homosexualité, les réseaux sociaux, l’image, le respect de soi et de l’autre, la découverte, la peur. Mais aussi l’amitié, l’amour, les gangs, la stigmatisation, la réputation qui colle à la peau, la communication. Avec l’humour décalé dont les anglais ont le secret les thèmes du siècles sont passés en revue. C’est peut-être aussi ce qui distingue Sex Education des programmes qui marchent sur le fil de la grivoiserie à deux doigts de la vulgarité ou du trash excessif, transgression à la pudibonderie. La série montre tout, parle de tout, avec une insolence futée et un imaginaire réaliste qui permet le rêve autant que l’identification. Mention spéciale pour Ncuti Gatwa qui joue Eric, le meilleur ami gay d’Otis, aussi haut en couleurs qu’en enthousiasme.

Le personnage de la mère du jeune héros, joué par Gillian Anderson (Agent Scully dans XFiles) fait le lien, dans la fiction comme devant l’écran, entre les générations. Adultes très (trop) libérée, mère, elle transmet inconsciemment à son fils (qui récupère ses données devant une grille d’aération audio-perméable) la capacité de répondre aux questions et aux anxiétés de ses congénères. Sur le sexe, certes, et sur leurs relations. Oui, leurs relations ! À l’époque comme aujourd’hui, il n’est finalement que question d’amour ! Ouf !

Il a bien changé Dawson ?

 

L’amour. Le sentiment qui meut l’humanité (la haine, c’est surfait) et qui est décortiqué à toutes les sauces. Philosophique avec Dawson. Niait (inexistant ?) avec Hélène et ses garçons. Journalistique avec Carrie Bradshaw. Dentaire avec Buffy. Hollywoodien avec Brenda et Brandon. Le sexe, qu’il soit suggéré, évité, assumé, illustré, est avant tout le prolongement du besoin d’être aimé, regardé, admiré.

Les ados d’aujourd’hui sont certes plus exposés, peut-être plus libérés (l’épée de Damoclès de la génération SIDA ayant disparu dans les limbes – la maladie non, malheureusement), mais ils ont les mêmes préoccupations, les mêmes tourments. Nous avons effectivement de la peine à imaginer Joey Potter (aka Katie Holmes) s’essayant à la fellation sur une banane devant l’objectif malveillant d’autres ados paparazzi. Or, vous ne nous enlèverez pas de l’esprit qu’elle avait en tête les mêmes craintes et les mêmes rêves que les jeunes demoiselles millennials.

 

Comment faire en tant que parent d’ado ?

 

Dans la fiction comme dans la réalité, les lycéens sont des adultes (ou des enfants, selon par quel bout on le prend) en mutation, paniqués par leurs changements physiques, leurs pulsions. Ils ont en définitive besoin d’être rassurés. De se sentir comme les autres, communs. D’avoir des repères, notamment sur leur normalité.

Alors, en tant que parents, trouver le juste milieu entre les conseils avisés et l’invasion reste le plus gros challenge. La série servirait à se préparer aux cas de figure qui pourraient (conditionnel, bien entendu) se présenter. Et puis à entrouvrir notre porte, la laisser ouverte, tout en laissant trainer quelques indices, savamment saupoudrés, de notre disposition positive à leur égard. Est-ce que ça lancerait une conversation sur le thème de la confidence complice ?

Et si vous ne vous sentez pas prêt, envoyez vos ados chez tata Josiane, elle a un don pour vulgariser et dédramatiser les situations les plus gênantes… tout en masquant habilement son incompréhension et son incapacité à saisir certaines pratiques de cette génération, tout bien considéré, bien étrange… Merci qui ? Netflix bien sûr 😉

Sex Education

 

Avec Gillian Anderson, Asa Butterfield, Emma Mackey, Ncuti Gatwa…

Saisons 1 et 2 sur Netflix

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