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Le cycliste a toujours raison. C’est comme ça.

Écologique, économique, compact et sportif, le vélo a pris possession des villes et des routes. Et le cycliste a forcément raison.

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Si c’est Philippe Delerm qui le dit… Nous avons, depuis un certain temps déjà, le clavier qui nous démange de rédiger un billet, d’humeur cela va sans dire, sur les cyclistes*. Sachant le sujet épineux et polémique, notre raison se dressait en pilier protecteur et retenait notre langue de vipère et notre impulsivité. Nous sommes effectivement conductrices de JJ Mobiles toutes deux. Bien qu’anciennes adeptes (nous étions encore jeunes et vigoureuses) du déplacement pratique en deux roues, nous optons aujourd’hui pour le confort de l’étanchéité hors d’eau hors d’air. Mais sans oublier la planète, nous roulons en hybride et en compacte.

Stop. Vous avez vu comme le besoin de justification se met naturellement et immédiatement en branle ? Nous nous excusons d’être automobilistes**. On dit vélo, on articule cycliste et les rouages contextuels, écologiques, économiques, les invectives du “bien-faire-mieux-faire-être-parfait” tournent à plein régime.

 

Le regard du cycliste

 

Nous avions envie, donc, d’évoquer les lacunes dans le domaine du code de la route et les attitudes inciviles de bon nombre de pédaleurs citadins sans en avoir le courage. Sans nous en auto-octroyer le droit. Malgré l’avalanche d’anecdotes récoltées. Mais ça, c’était avant. Avant d’entendre la rediffusion d’une interview de Philippe Delerm à la radio qui a dit tout haut ce que nous pensons tout bas depuis des années déjà. Quel soulagement !
L’écrivain, spectateur attentif des comportements humains, qui ne conduit pas de voiture, qui se déplace à pied (par conséquent il a le droit) et qui a, sans conteste, le cerveau en état de marche et le regard acéré sur ces congénères, a osé mentionner son agacement. Au sujet, non pas de la cuissette ou de la sonnette du père de famille aux mollets surdéveloppés, mais de son regard. Ah, le fameux regard du cycliste !

 

À vélo, j’ai raison et toi t’as tort

 

Quand il débouche d’un carrefour, qu’il outrepasse un feu rouge, qu’il apparaît sans crier gare devant vos roues de voitures forcément coupables, remontant par la droite une file attendant patiemment son tour pour entrer dans un rond point, le cycliste a la fâcheuse tendance à lancer un oeil. Par-dessus son épaule, un oeil. Condescendant ? Pas forcément. Hautain ? Vaguement. Accusateur ? Un peu. Un regard, comme si, et nous reprenons les termes de Philippe Delerm, il portait “un t-shirt sur lequel serait écrit “J’ai raison”, parce qu’il se déplace en bicyclette”.

Et toi. Toi, automobiliste, toi, avec ton pot d’échappement et ta carrosserie, toi, bourgeois aux fesses adipeuses immobiles, toi flemmard pollueur, assassin d’enfants, meurtrier au volant, comment oses-tu te trouver là ? Quelle outrecuidance !

Je pédale donc j’ai raison. Pour moi, les lignes n’existent pas. La route m’appartient. Le trottoir aussi.
Parce qu’il nous est déjà arrivé aussi de nous faire houspiller à coups de sonnette par un vélo gêné par notre marche trop lente sur un trottoir trop étroit. Piéton, gare à toi ! Mais c’est une autre histoire.

L’automobiliste, ce coupable né

 

Nous ne sommes pas les seules à trouver ça insupportable ! Quel soulagement ! Parce que totalement injuste ! Parce qu’on sait que si on bouscule (gentiment, hein) ce cycliste, nous devrons payer pour son attelle, sa prothèse, sa bosse au front, toute notre vie. Sans parler de la culpabilité. Comment partager un espace urbain quand certains ont tous les devoirs et d’autres tous les droits ? L’automobiliste est un monstre.

Alors, pour ne pas se consumer de rage, on adopte une attitude servile et humble. Sans nier pour autant notre esprit insolent et nombriliste, il peut servir pour anticiper le prochain geste du cycliste. Ce qui nous permettra de ne pas le renverser. Ce qui nous protégera de son regard assassin. Laissons-le faire et protégeons-le. Le cycliste a toujours raison. Sachez-le. C’est tout. C’est comme ça.

Voilà. Merci Philippe.
Nous en profitons alors pour conseiller à nos lecteurs automobilistes et cyclistes aussi, ceux qui restent, le dernier ouvrage de l’écrivain. Qui relève d’autres travers, d’autres gestes, d’autres regards, notamment celui que nous lançons tous à notre téléphone portable. Il observe notre nature humaine. Et il s’agace aussi, parfois.

Philippe Delerm

 

L’Extase du selfie et autres gestes qui nous disent

Édité au Seuil

*Le terme “les cyclistes” employé dans cet article ne saurait représenter la totalité des adeptes de la pédale. Se reconnaîtront ceux qui ont suffisamment de distance pour entamer une autocritique salvatrice.

**Le terme “les automobilistes” employé dans cet article ne saurait représenter la totalité des quotidiens du volant. Se reconnaîtront ceux qui font attention à leur conduite et respectent les autres usagers de la route, en bref, tous les automobilistes qui n’ont pas suffisamment de distance pour entamer une autocritique salvatrice.

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